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Congo-Kinshasa: L'artiste Kabamba accuse

«Au Congo, l'art plastique est négligé»

La Prospérité - Kinshasa - 24 Avril 2007

Jean-Didier Mwakomokebi
Kinshasa

kabamba Bamukaya dit Kabos, artiste décorateur expose sur un art à caractère intellectuel, réfléchi dont les oeuvres illustrent des valeurs sociales et culturelles africaines et particulièrement congolaises à travers leurs thème, symbole et autres idiogrammes.

L'art de Kabos est aussi une recherche sur le devenir de l'homme et de la technique au 21ème siècle qui se manifeste dans un symbolisme expressif s'inspirant fortement de la tradition africaine.

Abordé par notre collaborateur, Kabamba Bamuka a accepté de lui accorder l'interview que voici :

Bonjour Monsieur Kabos, nous voulons savoir sur quoi porte cette exposition ?

Le thème retenu pour cette exposition c'est l'art intelligent; un art qui a un caractère réfléchi. Ce sont les oeuvres qui portent un message de réflexion.

Comment justifiez-vous la raison d'être des titres ou sujets que vous avez accordé à chaque tableau par rapport au thème de l'exposition ?

Les titres attribués aux oeuvres ont été choisis pour coïncider avec le thème de l'exposition. En fait, j'ai voulu amener la réflexion sur la réalité de la vie quoti- dienne du peuple congolais. Mais il y a aussi de ces tableaux qui traduisent la réalité africaine. Il faut comprendre que sur le plan thématique, cette exposition est purement congolaise et mon souhait est que les congolais consomment ces tableaux.

Mais une oeuvre d'art n'est toujours pas ciblée ?

Vous savez mon frère, il y a des choses qui doivent se dire entre nous. Le tableau tel que les cinq chantiers, je m'adresse à qui ? Le dialogue, l'ouverture à travers le monde, tous ces sujets constituent ce que nous vivons actuellement ! Et quand je parle de train du développement, c'est en réalité la Rdc qui se met en marche espérant qu'il va atteindre le niveau des autres !

Quels sont les aspects de l'art qui suscitent l'attention et l'appréciation sur le plan esthétique ?

Dans l'art, il y a deux aspects qui entre en compte. Il s'agit de l'impression et de l'expression. Avec l'impression nous voyons ce qui attire, la couleur par exemple, et l'expression c'est dans le dessin, voire dans les détails la partie que vous admirez ou celle qui vous a poussé à admirer le tableau.

Depuis comment de temps êtes-vous venu dans l'art et dans combien d'exposition avez-vous déjà participé ?

Franchement, ça fait douze ans que je suis vraiment artiste. C'est depuis l'exposition concours de 1995 au centre culturel kimbanguiste. Mais je suis présent dans une vingtaine d'expositions collectives. Celui-ci est la première fois que j'expose seul. Mais l'année 1992 a été pour moi une première aventure, quant j'ai exposé une carte postale pleine de succès, en 1994 je suis monté au niveau de papier et en 1995 j'ai exposé ma première toile.

En dehors de la RDC, pouvons-nous retrouver aussi des tableaux signés Kabos ?

Effectivement j'ai des tableaux à l'étranger. J'ai envoyé à deux reprises mes tableaux en France et une fois en Suisse. En Suisse, mon manager m'a exposé dans une foire, mais en France c'était une fois à la Rochelle et une autre au salon d'art atlantique français.

Comment êtes-vous arrivé à vous fixer un style qui soit vôtre ?

Dans ce que nous appelons style, chaque peintre ou artiste a un style différent qui correspond à sa personnalité et à sa manière de voir le monde. Il s'inspire de tout ce qu'il voit autour de lui et aussi du travail des autres. Moi je regrettais ce que faisaient les aînés tel que Robert Botembe et le peintre Muf qui fait le réalisme.

Dites-nous un peu comment vous êtes venu à l'art plastique ?

Quand j'étais encore à l'école primaire je dessinais déjà bien, je pensais devenir médecin, économiste ou quelque chose comme ça; mais la famille m'a forcé de faire les beaux arts par ce que je dessinais très bien. Et c'est ainsi que j'y suis resté après avoir compris que c'était une bonne formation.

Quel est votre apport au centre culturel ou quel est l'apport du centre dans cette exposition ?

En principe, le centre culturel sert à la promotion de l'art et de la culture. La production des tableaux est aux frais propres de l'artiste, mais à la fin de l'exposition, le centre va retirer dix pourcents du coût des tableaux vendus. La salle d'exposition n'est pas à louer, mais les dix pourcents servent à compenser les affiches, les dépliants, les banderoles et autres.

Apparemment les prix des tableaux qui vont de cent à sept cent dollars américains sont exorbitants pour un seul tableau ?

Vous savez, les oeuvres de l'esprit sont toujours chers. Mais quelqu'un qui paie chaque mois une maison ne se gênerait pas s'il faut s'acheter une oeuvre d'art.

Quelle assurance du Gouvernement avez-vous déjà reçu ?

Au Congo, l'art plastique est négligé. Le ministère de la Culture et des arts ne s'intéresse qu'à la musique. Et d'ailleurs il n' y a aucune autorité du ministère qui devait s'occuper de nous les artistes qui est passé ne fut ce que voire ! Je pensais pourtant avoir beaucoup de clients parmi eux.

Mot de présentation par le professeur Paul-Olivier MUSANGI NTEMO, critique d’art, à l’occasion du vernissage le 12 avril 2007 à la Halle de la Gombe:

Mesdames, Messieurs, Amis de la Culture et des Arts,

Le vernissage d’une exposition artistique constitue toujours un événement heureux, car il permet à l’artiste de rencontrer son public dans un cadre convivial, de dialoguer avec lui et surtout de l’emballer dans l’univers fantastique de nouvelles œuvres qu’il présente.

Aussi, est-ce avec un réel plaisir et une légitime fierté que je me fais l’honneur d’offrir à l’auguste assistance la personnalité de l’artiste-peintre KABAMBA BAMUKUYA « KABOS » dont les œuvres s’étalent devant vous dans ce magnifique cadre de la Halle de la Gombe.

Né le 29 mai 1976 à Isiro dans la Province Orientale, KABOS déclare être devenu artiste par contrainte, suite à l’incompréhension au niveau de la famille qui voulait l’orienter vers d’autres voies. Dès, son jeune âge, il se donnait comme principal loisir le fait de dessiner et de colorer tout ce qui tombait sous ses yeux, d’en faire de belles images, dans le seul but de se distraire. Petit à petit, il se mit à aimer ce «jeu» et surtout les effets qu’il produisait, sans pour autant qu’il soit question de vocation ni de métier. A l’époque, en effet, ses ambitions étaient de devenir tout, sauf artiste. Il rêvait d’être médecin-chirurgien, économiste, gestionnaire d’entreprise ou homme d’affaires. Vous voyez à quoi il pensait.

Mais la force intérieure du talent qui se confirmait le poussait sans cesse à dompter la couleur et le dessin, comme si ses doigts ne désiraient que cela. Son entourage, du reste, le poussait irrésistiblement vers des études artistiques, au vu des petits exploits picturaux qu’il réalisait. Personne n’a trouvé à redire lorsqu’il s’est inscrit aux humanités artistiques aux alentours de 1990. Le contact avec les exigences scolaires n’était pas facile. Mais peu à peu, il s’est adapté et a même commencé à pousser loin ses réflexions sur l’art.

En 1991 déjà, il tenta la première aventure en exposant timidement dans une galerie d’art, le Centre Culturel Boboto. C’était des cartes postales. Il fut le premier élève à être admis dans ce cénacle.

De fil en aiguille, KABOS s’engagea sur la voie difficile de la recherche en vue de se tailler une originalité. Il n’eut pas d’autre inspiration que le riche patrimoine culturel du terroir, à savoir, l’art traditionnel négro-africain. Là-dedans, il découvrit et s’imprégna du symbolisme qui constitue l’essence vitale de cette forme d’art. Transplanter ce courant dans l’art moderne l’amena à s’inscrire dans la logique et la pratique du « Transsymbolisme ». Mais sa vision est liée à une conception de la vie qui se veut mystique, dans le sens de la quête permanente de l’élévation des valeurs fondamentales de la société.

C’est pour cela qu’actuellement, et vous le remarquerez à travers les œuvres exposées ici, KABOS se lance dans l’exploitation des masques auxquels s’attachent des symboles spécifiques et des idéogrammes particuliers, dans une harmonie des formes sensibles aux réalités de la vie courante, d’abord du quotidien congolais, ensuite du monde entier.

KABOS fait aussi du réalisme figuratif dans toute sa complexité. Ce qui l’amène quelque fois à la publicité en tant qu’artiste-graphiste.

Mesdames, Messieurs, Amis de l’art,

Le meilleur discours d’un vernissage est celui qui émane des œuvres elles-mêmes, celui qui jaillit du contact direct entre le contemplateur et les tableaux. C’est pourquoi je vous laisse le loisir et le plaisir d’admirer ces œuvres, dans l’espoir que vous daignerez emporter l’une ou l’autre pour continuer à les contempler chez vous.

Merci à tous d’être là et agréable soirée.

 

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